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bilan 2015 et perspectives de la location de bateau entre particuliers

Interview d'Alex Picot, président d'OCEAN SERENITY sur le bilan 2015 et les perspectives de la location de bateaux entre particuliers.

 

Tout d’abord, comment s’est passé cette première saison?
Ca n’est pas tout à fait notre première saison. Nous offrions l’an dernier notre service de location de bateau entre particuliers gratuitement et proposions un service de gestion location de  bateaux simplifié.
L’été 2014 passé nous avons réuni nos deux formules à travers la location entre particuliers couplée à la possibilité de faire appel à un Boat Captain de l’autre. Nous avons également totalement repensé notre site en début d’année en y ajoutant de nombreuses fonctionnalités.
Pour ce qui est de la saison 2015 et en conséquence de ces ajustements, ça c'est très bien passé!

 

Vous ne communiquez pas précisément sur vos chiffres?
Non. D’abord c’est compliqué d’avoir un référentiel pertinent en terme de croissance car l’an dernier nous faisions du freemium, notre offre s’est considérablement élargie depuis et le nouveau site web et ses fonctionnalités ont clairement eu un effet « booster » sur nos locations.
Ensuite, la tendance monopolistique du marché pousse les acteurs à apparaitre comme le leader et avec cela à exagérer quelque peu leurs chiffres si l’on s'en tient simplement à certains ordres de grandeur du marché. Je n’ai donc pas envie de communiquer sur des chiffres, qu’ils soient réels ou fantaisistes.
Je peux néanmoins vous dire que les voyants sont en verts sur les variables qui nous intéressent. La société n’est pas encore rentable mais à ce stade, cela nous semble totalement normal compte tenu des efforts entrepris.

 

Quels retours avez vous des propriétaires et des locataires sur ce service de location de bateaux entre particuliers ?
Les retours sont positifs des 2 cotés : dans nos tests de satisfaction nous n’avons par exemple eu aucune personne déclarant qu’elle ne retenterait pas l’expérience - aussi bien chez les propriétaires que chez les locataires.
Nous n’avons ainsi rencontré cette saison qu’une douzaine d’incidents dont un seul justifiant de faire appel à l’assurance, et huit mettant en compte des montants de réparations inférieurs à 100€.
C’est important pour nous car c’est autant le fait que tout se passe bien que la motivation pécuniaire, à travers la réduction des charges, qui incite un propriétaire à continuer à louer entre particuliers.
Du coté des locataires, il y a une demande pour plus de réactivité et que les propriétaires fassent figurer plus d’infos dans leurs annonces afin de pouvoir cibler plus rapidement le bateau recherché, car l’offre est importante. Nous avons aussi relevé des remarques quand à la forte disparité des prix pour un même type de bateaux. C’est logique à ce stade car le marché est récent mais cela peut être compliqué à comprendre pour l’usager du service.

 

Vous proposez une solution originale de Boat Captains, ou en êtes vous?
Nous avons développé un réseau de professionnels sur tout le littoral afin de permettre aux propriétaires habitant loin de leur bateau de pratiquer la location entre particuliers via une personne de confiance réalisant a minima les entrées et sorties et parfois beaucoup plus de services.
Si le cout du service peut pénaliser les embarcations les plus modestes, le concept est validé depuis l’an dernier et de nombreuses locations ont été réalisées cet été par ce biais.
Nous cherchons maintenant à homogénéiser l’offre de service et les tarifs ainsi qu’à densifier notre réseau sur certains bassins de navigations, et notamment en Corse.

 

Comment voyez vous l’évolution du marché ?
Les charges sont toujours aussi importantes quand on possède un bateau et les propriétaires sortent moins qu'il y a encore 10 ans du fait notamment de la multiplicité des loisirs pratiqués.
De l'autre coté, on observe que le prix devient de plus en plus le critère fondamental du choix pour le locataire, dans le nautisme comme ailleurs - les transports ou l’hébergement de loisirs pour ne citer que 2 exemples. La location de voiliers et bateaux de tout type entre particuliers a donc un bel avenir!
Enfin, l’économie collaborative est de plus en plus ancré dans les pratiques : les usagers du service savent que le rapport entre propriétaire et locataire est équilibré et ont conscience du rôle de tiers de confiance que joue le site.  Cela a une incidence sur notre comportement auprès des nouveaux usagers, ou il ne s’agit plus d’expliquer mais d’accompagner, mais surtout ce boum général participe énormément au dynamisme de notre activité.

 

Les débats actuels sur ce qu’on appelle l’ubérisation vous concernent ils?
Bien sur car l’économie collaborative remet en cause notre manière de penser les échanges commerciaux et crée, dans un environnement juridique très lent à prendre en compte ces évolutions sociétales, des effets d’aubaine : un propriétaire de bateau retraité par exemple qui va acheter une deuxième voir une troisième embarcation et faire progressivement de la location une activité à plein temps, à concurrence des loueurs professionnels.
Nous ne sommes en revanche pas concernés par une éventuelle subordination qu’il pourrait y avoir entre notre site et les propriétaires qui y référencent leur bateau : il n’y a pas d’exclusivité demandée et un propriétaire a toujours le choix d’accepter ou de rejeter une demande locative faite à travers Ocean Serenity.

 

Pensez vous que la règlementation va évoluer?
Sur la fiscalité, nos activités seront forcement un jour ou l’autre concernées par une imposition automatisée des revenus aux mêmes titres que les autres revenus issus de l’économie collaborative.
Les premiers éléments de réflexion communiqués publiquement par les commissions parlementaires qui travaillent sur le sujet (5000€/an de franchise non imposable puis un taux d’imposition sur le revenu et de prélèvements sociaux proche de 24%) nous semblent néanmoins peu adaptés à la location de bateau qui est une activité par nature ou les sommes en jeu sont rapidement importantes et ou la part des charges est très grandes…
En ce qui concerne la réglementation de l’activité, il nous apparait que 2 points doivent être travaillés :  le premier concerne l’échange avec les ports autour de nos activités que ce soit pour la location à quai ou pour la location entre particuliers car nous avons tous a y gagner si les bateaux sortent plus.
Ce qui s’est passé à Arcachon récemment n’est pas normal et il me semble d’ailleurs que l’autorité de gestion régionale a suspendu l’interdiction aux plaisanciers de louer leur embarcation entre particuliers aussi bien pour des irrégularités sur la forme que parce qu’elle ne s’est pas encore prononcée sur le fond.
A ce sujet, nous avons cependant un peu l’impression de ne pas être considéré comme un interlocuteur par les structures institutionnelles : l’an dernier nous avons fait parvenir un questionnaire à une soixantaine de port pour comprendre leur positionnement et leurs contraintes spécifiques : moins d’une dizaine nous sont revenus.
Le deuxième point est de continuer d’informer les propriétaires sur les différences entre conavigation et location avec skipper et des risques encourus à pratiquer une activité s’apparentant à la location de bateau avec skipper sans en avoir le droit.

 

Qu’en est il de la concurrence?
Nous sommes 5 sociétés -sérieuses- à s’être positionnées sur le marché et à proposer une offre et des services équivalents dans les grandes lignes.
Compte tenu de la taille du marché et de sa tendance inhérente au monopole, de la saisonnalité de l’activité, et du confort d’utilisation pour les utilisateurs, il me semble évident qu’il ne puisse y avoir a moyen terme autant d'acteurs qu’à l’heure actuelle sous peine - je le crains - d’être à la merci d’une société tierce étrangère ou venant de l’activité traditionnelle et disposant de capitaux importants qui permettraient de lui apporter très vite une très forte notoriété.
J’imagine donc, je le souhaite aussi, qu’une concentration se fasse prochainement entre les principales sociétés du secteur.

 

Quelle est votre actualité ?
Ocean Serenity déménage à Nantes, c'est un peu d'organisation pour transférer l'activité et les équipes!
Pour le reste, nos missions à cette période se divisent entre l’accompagnement des demandes qui sont faites vers les destinations « soleil », et l’évolution des services et fonctionnalités de notre plateforme numérique.